Imprimer Revue EP&S n°48 - Janvier 1960

LES JEUX OLYMPIQUES DE L'ANTIQUITÉ

  • Dossier : J.O. DE SQUAW VALLEY 1960
  • RAYMOND BOISSET
  • Code : 70048-45

LES GRANDS JEUX

Nombreuses étaient dans les cités grecques les grandes fêtes auxquelles étaient joints des jeux sportifs ; les plus célèbres entre ces solennités étaient les quatre grands jeux : Jeux olympiques, Jeux pythiques. Jeux istlimiques, Jeux néméens.
Les Jeux Olympiques se déroulaient à Olympie en l'honneur du Dieu Suprême Zeus ; les Jeux Pythiques avaient lieu près de Delphes au pied du Mont Parnasse, en l'honneur d'Apollon pour commémorer la mort du dragon Python ; les Jeux Isthmiques à Corinthe sur l'isthme qui relie la Grèce continentale au Péloponèse auraient été institués par Poseidon en l'honneur du dieu marin Mélicerte-Palémon ; les Jeux Néméens dans la vallée de Nemée sur le territoire de Kléones non loin de Sicyone avaient été fondés par Adraste qui dirigeait l'expédition des Sept Chefs contre Thèbes en souvenir du jeune Opheltes-Archemore tué par un serpent.
Les Grands Jeux se succédaient suivant un calendrier précis, à l'époque classique du moins, les Jeux Isthmiques et Néméens tous les deux ans, les Jeux Olymiques et Pythiques tous les quatre ans. Donnons un exemple (1) : Olympiade 69 : 69e Jeux Olympiques Août 504
36e Jeux Néméens Juillet 503
40e Jeux Isthmiques Avril 502
21e Jeux Pythiques Août 502
37e Jeux Néméens Juillet 501
41e Jeux Isthmiques Avril 500
Olympiade 70 : 70e Jeux Olympiques Août 50
Au témoignage des Anciens eux-mêmes, il y avait hiérarchie dans le prestige de ces jeux qui s'ordonnaient ainsi ? Pindare énumère dans cet ordre les couronnes gagnées par ses héros ? Jeux Olympiques, Pythiques, Isthmiques, Néméens. Nous trouvons maintes fois l'hommage rendu à la prééminence des Jeux Olympiques. « Je ne chante rien qui ne soit connu de la Divinité aussi bien que de tous ceux qui aspirent à la suprême récompense des Jeux les plus glorieux. N'est-ce pas Pise qui possède ceux qui sont supérieurs à tous, ceux qu'a institués Héraklés ? » (10e Nem. V 57-61).
« Le premier des biens est l'eau ; l'or étincelant comme une flamme qui s'allume dans la nuit, efface tous les trésors de la fière opulence. Veux-tu chanter les Jeux, ô mon âme ? ne cherche pas au ciel désert quand le jour brille, un astre plus ardent que le soleil et n'espère pas célébrer une lice plus glorieuse qu'Olympie.»
(1re 01. v. 1-11 trad. A. Puech, Coll. G. Budé).
Qu'étaient-ce donc que les Jeux Olympiques ?

LES ORIGINES :

Il est convenu de rappeler que les J.O. durèrent de 776 av. J.C. à 392 de notre ère.
Nous avons un point de repère qui parait assez assuré : la date dos premiers Jeux Olympiques, où l'Eléen Coroibos remporta la course du Stade, est fixée à 776 et l'olympiade, espace de quatre années, servit ultérieurement de base à la chronologie grecque. A la fin du Ve siècle, Hippias d'Elis dressa un catalogue des vainqueurs à la course du Stade, liste qui fut adoptée par Philiste vers 380 ; sans la réviser, Aristote dressa un catalogue semblable pour les Jeux Pythiques et l'historien Timée, au début du IIIe siècle en fit le fondement de la chronologie au lieu des archontes Athéniens.
Mais les historiens (2) ont montré les difficultés de la chronologie olympique. Sans entrer dans le détail, nous pouvons dire que la fête, quadriennale à l'époque classique, fut vraisemblablement une fête annuelle, puis biennale, et c'est en transposant jusqu'aux origines son caractère quadriennal qu'on obtient cette date de 776 très contestable.
En fait, les jeux et les concours ont pu exister à Olympie au VIIIe siècle, mais jusqu'au VIIe siècle ils n'eurent qu'une célébrité locale; leur réputation n'avait pas gagné les rivages ioniens. Homère (3) parle de courses de chars en Elide, mais non d'Olympie.
Le plus ancien témoignage de la renommée des J.O. se trouve dans Hérodote (4) où l'anecdote des Egyptiens pris pour arbitres, reprochant aux Eléens d'être à ces jeux olympiques à la fois juges et parties est située sous le règne de Psammis, c'est-à-dire vers 590. Au VIe siècle, les Grecs avaient les connaissances scientifiques nécessaires pour en assurer la périodicité régulière ; le plus ancien auteur d'odes triomphales, Simonide, est né en 556, et Pindare a écrit ses odes pour les olympionikes, les vainqueurs olympiques, au début du ve siècle.
Mais les Grec» voulurent faire remonter plus haut encore dans le passé la fondation des J.O. Le problème des origines des J.O. n'est pas résolu ; le sera-t-il jamais ? et nous ne pouvons qu'enregistrer diverses légendes qui en attribuent la création à différents dieux ou héros (5). Toutes les rattachent à des croyances et des pratiques religieuses et il est certain que la manifestation sportive resta toujours intimement liée à une manifestation religieuse.
Tantôt on l'attribuait à Zeus lui-même, tantôt à Héraklés, soit au fils d'Alemène, soit à un des Dactyles venus du mont Ida en Crète, tantôt à Pisos fondateur de Pise, tantôt à Pélops, l'heureux, mais peu scrupuleux époux d'Hippodamie. Voyons dans cette diversité le souci d'associer différents peuples grecs dans la fondation du culte et des Jeux d'Olympie.

L'EMPLACEMENT :

Les Jeux tirent leur nom du lieu où ils se déroulaient : Olympie.
Qu'était-ce qu'Olympie ?
A proprement parler, Olympie n'était pas une ville mais plutôt une sorte de sanctuaire où, dans l'intervalle des Jeux, seuls les prêtres et leurs aides fréquentent les autels, les temples dont ils ont à charge d'honorer les dieux ou les héros, tandis que le silence et la solitude règnent sur les terrains de sports.
Olympie est située en Elide dans la partie occidentale du Péloponèse, à une vingtaine de kilomètres de la mer, là où le fleuve Alphée, descendu des montagnes d'Arcadie, reçoit un torrent venu du nord, le Kladeos. Entre l'Alphée au sud, le mont Kronion au nord, entre le Kladeos à l'ouest et la ville de Pise à l'est, résidence du roi ?no-maos, se trouve l'emplacement d'Olympie.
L'enceinte sacrée de l'Altis était le centre religieux d'Olympie. Le bois sacré planté par Héraklés, avec ses arbres, ses temples, ses autels, ses fontaines, devait ressembler à un de ces modernes parcs de sports où le stade se cache dans la verdure. Là on trouvait (6)parmi plus de quatre-vingts temples, autels ou lieux consacrés, les monuments célèbres : le vieux temple de Héra, le temple de Pélops que les Eléens, dit Pausanias, mettent autant au-dessus des autres héros qu'ils mettent Zeus au-dessus des autres dieux, l'autel servant à brûler les victimes immolées à Zeus, les six autels jumeaux et le grand temple de Zeus avec la statue de Zeus olympien par Phidias, une des sept merveilles du monde. Partout s'élevaient des statues, statues de Zeus, d'Héraklès, offertes en signe de piété ou de reconnaissance, statues des vainqueurs, les « Zanes », six statues de Zeus en bronze érigées avec le produit des amendes infligées aux athlètes convaincus de fraude ou de supercherie. Au nord de l'Altis, certains Etats avaient construit pour conserver leurs offrandes de petits temples dont l'alignement constituait la Terrasse des Trésors ; à l'est s'étendait l'Agora, vaste place séparée des terrains de sports par le long portique d'Echo. Non loin se trouvaient les bâtiments destinés à loger les prêtres et le personnel, le Prytaneion, avec sa vaste salle de festin, le palais du Sénat Olympique, les gymnases, les palestres, etc.
A l'est de l'Altis, au pied du mont Kronion (mont de Kronos), en contre-bas, s'étend le stade, rectangle de 210 mètres de long sur 30 de large environ. La distance du stade avait été fixée par Héraklès lui-même : 600 pieds soit 193 mètres environ.
Au sud-est du stade, entre le talus sud du stade et l'Alphée était l'hippodrome dont la superficie dans cette région ravagée par les inondations du fleuve n'a pu être exactement déterminée.

L'ORGANISATION :

L'organisation des J.O., attribuée au roi légendaire d'EIis, lphitos, passe pour avoir été l'?uvre des Eléens, et la présidence en fut assurée suivant les vicissitudes de la politique, par les habitants des cités voisines et rivales de Pise et d'Elis.
Tout d'abord, il fallait faire connaître la date des Jeux déterminée par la nouvelle lune qui suit le solstice d'été. En raison des variations des formes du calendrier d'une cité à l'autre, il fallait que longtemps avant les Jeux, des messagers fussent envoyés qui iraient annoncer au monde grec la date des prochains Jeux.
Les messagers choisis dans l'aristocratie éléenne, étaient au nombre de trois ; ils partaient avec une suite nombreuse, l'un par la Grèce continentale, vers le nord; le second par les Iles vers l'Asie Mineure, la Syrie et jusque vers l'Egypte : la troisième vers l'ouest, la Sicile et la Grande Grèce.
En même temps que la date des Jeux, les messagers proclament la trève sacrée. A partir du jour où la trêve est proclamée, les hostilités entre Grecs doivent être suspendues ; aucune troupe en armes ne pouvait pénétrer sur le territoire éléen proclamé inviolable ; tous ceux qui se rendent à Olympie doivent être respectés.
Malgré quelques infractions, assez rares (7), les Eléens surent faire respecter celte trève, même des plus puissants Grecs, Spartiates et Athéniens (8), Le nombre des visiteurs était considérable. Des principales villes du monde grec arrivent des députations les « théories » conduites par de hauts personnages pour célébrer des sacrifices en l'honneur de Zeus et déposer des offrandes sur ses autels et dans son trésor. Ces personnages riches, influents, n'hésitaient pas à dépenser largement pour donner plus d'éclat à leur mission, accroître le prestige de leur cité et leur crédit propre (9).
La masse du publie est livrée à elle-même et doit pourvoir par ses propres moyens à son logement et à sa nourriture. Venu à pied, Socrate déclare qu'il ne faut que cinq à six jours pour se rendre d'Athènes à Olympie. Le spectateur-pélerin visite cette ville de temples et d'autels ; il n'a garde d'oublier de déposer ses humbles offrandes, admire les statues, contemple le chef-d??uvre de Phidias, dont Epictète dira :« C'est un malheur de mourir sans l'avoir vue ».
Faut-il rappeler qu'une loi sévère interdit aux femmes mariées d'assister aux J.O. ?
Pour être admis à participer aux Jeux, il fallait être en mesure de prouver sa qualité d'Hellène et d'homme libre. Alexandre lui-même en fit l'expérience. Les barbares, c'est-à-dire les étrangers et les esclaves ne pouvaient être que spectateurs. Etaient exclus les meurtriers, les sacrilèges et les concurrents dont la cité n'est pas en règle avec Olympie, ainsi que les membres du Jury.
Le Jury est constitué par les Hellanodices : ces juges dont le nombre varie de un à dix suivant les époques, sont désignés parmi les grandes familles éléennes. Dix mois avant les Jeux, ils sont rassemblés à Elis et là, sous la direction des nomophylaques, les gardiens de la loi, ils prennent connaissance des règlements et traditions. Un mois avant les Jeux, juges et concurrents gagnent. Olympie où ont lieu les derniers préparatifs.
Les athlètes sont répartis dans les épreuves et classés en catégories mal connues. D'après Seveyrins (op. cit.), il y aurait eu deux catégories aux J.O. et aux Jeux Pythiques (trois aux Jeux Isthmiques et Néméens) : les enfants de 11 à 17 ans, les hommes de 18 ans et plus.
Le programme des J.O. ne fut pas immuable. A l'origine n'y eut-il que la course du stade ? ou faut-il en croire Pindare (10) qui cite la course de vitesse, la lutte, le pugilat, la course de chars, le javelot, le disque ?
On vit successivement figurer, parfois de façon éphémère le stade (1
Ol.), le diaule. course double (14e Ol.), le dolique (course longue) (15e Ol.), le pentathle (saut en longueur, course, disque, javelot et lutte) et la lutte (18e Ol.), le pugilat (23e Ol.), la course de chars (25e Ol.), le pancrace et la course de chevaux montés (35e Ol.), la course en armes (65e Ol.). Dans les épreuves pour enfants, figuraient le stade, la lutte, le pugilat.


Ainsi, les épreuves de base' des Jeux Olympiques furent les courses (vitesse et fond), le pentathlon, les sports de combat, les épreuves hippiques. On peut s'étonner de ne trouver de l'athlétisme que les courses (sauts et lancers ne figurent que dans le pentathle) ; de n'y voir figurer aucun jeu, aucun sport d'équipe, aucune épreuve nautique, aviron, natation. Ce qui comptait dans ces épreuves où les adversaires étaient répartis par tirage au sort au moyen de lettres couplées placées dans une urne d'argent (11), c'était la victoire et non la performance : la notion des records semble bien avoir été ignorée des Anciens. La technique n'intervient guère, les concurrents ne peuvent guère compter que sur leurs qualités naturelles, foncières. Et les « Zanes » montrent que le jury avait fort à faire pour maintenir les concurrents dans le respect des règles (12).
Nous ne connaissons pas l'horaire des épreuves. La fête comprenant cérémonies religieuses et épreuves sportives se déroulait durant cinq jours. L'ordre des épreuves varie souvent suivant les modifications du programme. On s'accorde généralement à considérer que les cérémonies religieuses, qui s'adressaient surtout à Zeus débutaient la fête (serment solennel sur l'autel de Zeus Horkios) et la clôturaient.

LES VAINQUEURS :

Après la victoire, un héraut proclamait le nom du vainqueur, le nom de son père et celui de sa patrie. Les Hellanodices ceignaient les tempes de l'athlète de la couronne coupée à l'olivier qu'Héraklès aurait planté de sa main à Olympie et que l'on montrait encore au temps de Pline (13). Après des sacrifices sur les six autels doubles, le cortège officiel se rendait, accompagné par des ch?urs chantant les louanges des vainqueurs ou reprenant un antique refrain d'Archiloque, à un grand banquet offert par les Eléens.
Le retour de l'athlète vainqueur dans sa patrie était l'occasion de nouveaux hommages tels qu'au dire de Cicéron (14), une victoire aux J.O. était plus estimée des Grecs que le triomphe même des Romains. Parfois, il entrait dans sa cité par une brèche ouverte dans la muraille, ses concitoyens voulant montrer qu'il était devenu le véritable rempart de la cité (15). Vêtu de pourpre, monté sur un char tiré par quatre chevaux blancs, il était escorté de ses parents et amis et d'une foule nombreuse. La coutume se répandit rapidement aux VIe et Ve siècles de faire célébrer sa victoire par un hymne chanté et dansé. Et ainsi naquit un genre poétique, l'épinicie ou ode triomphale, où s'illustrèrent Simonide, Bacchylide et Pindare. Chaque cité accordait à sa manière des récompenses (exemption d'impôts, logement au Prytanée proedrie, c'est-à-dire place d'honneur aux fêtes et cérémonies officielles, direction du gymnase, etc.). D'après Plutarque (16), un Lacédémonien vainqueur de la lutte aux J.O. à qui on demandait ce que cette victoire lui avait rapporté, répondit : « Le droit de combattre en avant du roi». On leur élevait des statues chez eux ou à Olympie ? pour que la statue représentât exactement la taille et le visage de l'athlète, il devait avoir été couronné trois fois (17).
Malgré les avertissements du poète : « Quand quelqu'un possède l'opulence, quand il surpasse les autres par sa beauté et quand il a montré sa force en se plaçant au premier rang dans les Jeux, qu'il se souvienne que ses membres qu'il pare sont ceux d'un mortel et que pour dernier vêtement il aura la terre. » (Pindare, 11e Nem 13-22) (18).
Le vainqueur se laissait souvent griser par le succès et était loin de montrer ce fameux équilibre entre la valeur physique et la valeur morale qui faisait le Kalokagathos, l'honnête homme de la Grèce classique.

IMPORTANCE DES JEUX

Le retentissement des J.O. était tel que rien ne pouvait empêcher leur célébration, même pas les plus grands périls extérieurs ; en 180, tandis que Léonidas et ses trois cents Spartiates défendaient le passage des Thermopyles, les Jeux de la 75e Olympiade avaient lieu comme à l'habitude (19).
Le prestige de la victoire olympique attirail les concurrents, mais le culte de Zeus et le succès des Jeux amenaient une affluence considérable.
Les grandes fêtes, panégyries offraient une occasion Favorable pour faire connaître au public les ouvrages de l'esprit. C'est à Olympie qu'Hérodote, d'après une tradition rapportée par Lucien, lut une partie de son ?uvre. Le sophiste Hippias d'EIis s'y fit entendre à plusieurs reprises. Le mathématicien ?nophile de Chios, au temps de Périclès, consacra à Olympie une table d'airain où était représenté le cours des astres pour un cycle de 59 ans (20). Et il se créa un genre non pas de littérature sportive, mais de littérature politique à l'occasion des Jeux : le discours olympique ou panégyrique. En 392, Gorgias y invita les Grecs à la concorde, à la lutte contre les Barbares ; en 388, Lysias lance un appel à l'union pour une lutte commune contre Denys de Syracuse ; en 360, le panégyrique d'Isocrate vise à rétablir la concorde entre les Grecs et réclame en faveur de l'hégémonie athénienne dans la lutte contre les barbares.

CONCLUSION :

C'est parce qu'en un même lieu les Jeux Olympiques rassemblaient tous les quatre ans les représentants du monde grec, parce que cérémonies religieuses et épreuves sportives se répétaient dans un cadre, dans des conditions connus de tous, c'est pour cela qu'Olympie contribua à former et maintenir l'unité hellénique. Ce lien, si lâche qu'il ail été, ne disparut jamais complètement ; c'est à ce retour constant à Olympie, à ses temples, ses terrains de sports que les Grecs durent de se sentir un seul peuple, une même race.
Pendant des siècles, les Jeux Olympiques ont passionné les foules de l'antiquité. Assurément, peu à peu religion et sports perdirent de leur simplicité, de leur pureté premières, tandis que la curiosité, l'esprit de nouveauté, l'orgueil, l'ambition prenaient de plus en plus d'importance.
C'est pourtant en tant que manifestation religieuse que les Jeux commencés en 776 avant J.C., qui eurent leur apogée aux Ve -VIe siècles avant l'ère chrétienne, vont disparaître au ive siècle après J.C.
Olympie avait conservé son caractère de lieu sacré, de centre de religion païen. C'est à ce titre que les Jeux Olympiques furent supprimés en 393 par un édit de Théodose Ier, empereur romain d'Orient, Lui qui avait installé Grégoire de Naziance comme évêque de Byzance, supprima les Jeux Olympiques dans sa lutte contre le paganisme comme il fit détruire tant de chefs-d??uvre. Les bandes d'Alarie passèrent, pillant les trésors ; mais les édifices subsistaient, témoins déserts des splendeurs passées.
C'était encore trop. En 426. le petit-fils de Théodose Ier, l'empereur Théodose II ordonna de raser temples et édifices.
Des tremblements de terre en 522 et 551, les crues du Kladéos et de l'Alphée au fil des années, achevèrent l'anéantissement.
Mais, alors même que les épreuves eurent été interdites, qu'Olympie eut été détruite, et eut disparu, le souvenir subsista, intact et prestigieux, des Jeux Olympiques.

Notes :

(1) D'après A. Severyns - Bacchylide 1933.

(2) Caya ignac - Histoire de l'Antiquité, 1917, t. I, p. 332. La chronologie olympique.

(3) Iliade XI, 698-701.

(4) Hérodote II C, 160.

(5) HR. Vallois : « Les origines des J.O» -Revue des Etudes Anciennes, 1926, p.305.

(6) Cf. la description de Pausianas, livre V, Voyage en Elide.

(7) Pausanias II I, 8-V4.

(8) Xénophore-Hellen VI I 4 29. Thucydide V 49.

(9) Isocrate - Sur l'attelage 32-34.

(10) 10e Olympiade V 76-89.

(11) Lucien - Hermotime.

(12) Lucien - Il ne faut pas à la légére ajouter foi à la calonnie, 12.

(13) Pline - Hist. Nat. XV 5 XVI M.

(14) Ciceron - Pro Flacco, 13.

(15) Plutarque - Quaest. Con V II 5.

(16) Education des enfants, 22.

(17) Pausanias V 20 - Pline H.N. 34 4.

(18) Cf. 3e Pyth . 14 0-90 - 8« Pyth 126-137 « l'Homme est le rêve d'une ombre»-3e Isthm. 29-31.

(19) Hérodote VIII 26.

(20) Elien Var Hist. 107.

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