Imprimer Revue EP&S n°273 - Janvier 1998

NATATION : NAGER PLUS VITE EN CRAWL

  • Patrick Pelayo, Denis Rozier
  • Code : 70273-14

Comment améliorer chez les élèves les compétences à nager ou vite ou long en crawl ? Comment les confronter à une épreuve chronométrée ? Les auteurs, dans cet article, nous proposent une démarche pédagogique en s'appuyant sur des observations relevées chez l'expert et le non expert, et sur leur expérience.

1. Définitions

? La vitesse de nage correspond à une distance totale (en m) divisée par la performance chronométrique (en sec). Cette vitesse peut être fractionnée par longueur de bassin. Ainsi une épreuve de 200 m se compose de 4 parcours auxquels nous pouvons associer 4 vitesses pouvant refléter la régularité d'allure.
La mesure peut aussi, pour être plus précise, ne pas prendre en compte les virages et le départ.
? La fréquence de nage correspond au nombre de cycles réalisés par unité de temps (généralement par minute). Pour déterminer la fréquence de nage moyenne d'un nageur, il suffit de compter le nombre de mouvements de bras du nageur et de le diviser par le temps global du parcours. Pour être plus précise, elle peut se mesurer en chronométrant 3 cycles de nage, diviser le temps par 3 et le multiplier par 60 pour l'exprimer en cycles/mn.
? La distance par cycle ou amplitude correspond à la distance parcourue lors d'un cycle de bras et se mesure en mètre par cycle. La mesure peut être globale en divisant la distance parcourue par le nombre de cycles réalisés sur ce parcours, mais cette mesure englobe les coulées consécutives aux virages et au départ. Cette méthodologie offre un double intérêt pour l'enseignant d'EPS car elle est simple, rapide et accessible pour les élèves mais aussi parce qu'elle est le témoin global d'un niveau de pratique tant sur le plan de la nage que celui de la gestion des appuis solides. Dans ce cadre, les progrès obtenus sur les parties non nagées (virages et départs) ont une incidence importante sur la performance. Néanmoins, la distance par cycle calculée à partir de la fréquence et de la vitesse mesurée sur une zone délimitée de nage reste plus précise.

Dans le cadre de l'enseignement de la natation dans les collèges et les lycées, il semble qu'il y ait aujourd'hui un consensus pour développer chez l'élève les compétences à maîtriser la technique du crawl dans l'espace et/ou la durée [1]. En effet, cette technique repose sur des logiques d'actions communes à toutes les nages. Elles consistent à réduire les résistances à l'avancement (axe du corps parallèle à celui du déplacement et retours aériens) et à optimiser l'efficacité propulsive au niveau du train supérieur (continuité des actions motrices). Dans le souci d'améliorer la vitesse, la gestion des paramètres spatio-temporels (encadré 1) est aujourd'hui un des facteurs sur lequel s'appuient les enseignants d'EPS dans leurs démarches d'intervention et d'évaluation en milieu scolaire.

ÉVOLUTION DE L'AMPLITUDE ET DE LA FRÉQUENCE EN FONCTION DE LA VITESSE DE NAGE

Chez les nageurs experts
L'amélioration des performances au 100 m nage libre au cours des jeux Olympiques de 1960 à 1996 s'est traduite par une augmentation d'environ 90 % de l'amplitude et parallèlement d'une diminution de 80 % de la fréquence.
Stratégies en compétition
Pelayo et al. [2] ont montré sur une population composée de 356 nageurs et 356 nageuses de haut niveau qu'en nage libre, la fréquence augmente lorsque la vitesse de nage augmente et que la distance de nage diminue (de 42 à 57 cycles réalisés par minute pour les distances allant du 1500 au 50 m). Les valeurs de fréquence ne sont pas différentes entre les deux sexes sur les distances correspondantes. Ce sont en fait des valeurs d'amplitude supérieures qui permettent aux nageurs d'aller plus vite que les nageuses, ceci étant essentiellement lié à leur plus grande taille et à une plus grande force musculaire.
Les plus importantes valeurs d'amplitude s'observent sur l'épreuve du 200 m. Ces résultats montrent que la fréquence de nage peut être retenue comme un outil commun dans le contrôle de l'entraînement tant chez les nageurs que chez les nageuses. Il est important aussi de signaler qu'une récente étude [3] a montré sur une population de 442 nageurs (les performances s'échelonnant de 1 mn 35 sec à 51 sec au 100 m nage libre) que plus le nageur est expert, plus il stabilise sa vitesse en maintenant sa fréquence et son amplitude constante entre le premier et le deuxième Stratégies à l'entraînement
Quand on confronte le nageur expert à la tâche qui consiste à aller de plus en plus vite, il augmente sa fréquence de nage tout en réduisant de façon moindre son amplitude (schéma 1).


Le test de Seyfried [41 illustre bien cette stratégie à laquelle ne peut échapper le nageur expert. Celui-ci réalise huit passages en crawl entre deux balises espacées de 12,50 m à huit intensités progressives correspondant aux vitesses maximales sur 3000, 1500. 800, 400, 200, 100, 50 et 25 m. Les temps sont relevés au passage de la tête devant les deux balises, ainsi que les fréquences dans la zone des 12.50 m pour chaque passage. Les amplitudes sont calculées à partir de la vitesse moyenne de nage et de la fréquence instantanée. Ce test d'entraînement permet de modéliser individuellement les relations fréquence/vitesse et amplitude/vitesse. Il permet de repérer si le nageur utilise, pendant les séries, les bonnes cadences en relation avec la vitesse de nage. Les axes de progrès sont de tenter de nager pour une même vitesse avec une amplitude plus grande et une fréquence plus basse...
Chez le nageur débutant
Stratégies en compétition

L'augmentation de l'amplitude est aussi le principal facteur permettant à long terme d'améliorer la performance de l'élève ; elle caractérise bien le niveau de pratique [5]. Quand on compare sur une durée de course identique, une population de 73 nageurs de niveau international réalisant 51,5 sec au 100 m nage libre [2] avec une population de 189 garçons non experts de 3e [5] réalisant 53 sec au 50 m nage libre, on peut noter qu'en moyenne la fréquence de nage des experts (51 cycles/mn) est supérieure d'environ 27 % à celle des non experts (40 cycles/mn), cette différence étant plus marquée chez les filles. Parallèlement, l'amplitude est aussi supérieure d'environ 60 % (1.41 versus 2.28 mètres par cycle).
Stratégies à l'entraînement
Nous avons analysé les stratégies de 21 élèves de 6e (au cours d'un cycle de huit séances) confrontés à la tâche de nager de plus en plus vite. L'évolution de l'amplitude et de la fréquence en fonction de la vitesse de nage a été étudiée et comparée avec celle des nageurs de haut niveau (schéma 1). Les élèves ont été testés en début de cycle sur :
- une épreuve de durée de 6 mn. Ils ont nagé 175 m dont environ 75 m crawl en continu au début du parcours.
- un 50 m crawl chronométré. Le temps moyen a été de 60.4 sec.
- un test adapté de Seyfried [4]. Chaque élève a effectué, après une coulée et une reprise de nage sur 5 m. quatre passages à vitesse progressive (allure très lente, moyenne, rapide et très rapide) entre deux balises espacées de 10 m avec 3 mn de récupération entre chaque passage. Les vitesses et les fréquences ont été relevées et les amplitudes calculées.
Ces trois tests ont été proposés à nouveau en fin de cycle. Les objectifs du cycle ont été essentiellement centrés sur la résolution des problèmes respiratoires en vue de réaliser une épreuve longue en crawl de 6 mn. A l'issue du cycle, le temps moyen sur le 50 m crawl sprint a diminué (53.5 sec). Parallèlement la distance nagée en crawl de façon continue a augmenté pour passer à 189 m. Les relations fréquence/vitesse et amplitude/vitesse ont pu être modélisées pour les nageurs débutants de la même façon que pour les nageurs de haut niveau (schéma 1). La vitesse et l'amplitude ont évolué significativement entre le début et la fin du cycle pour les quatre gammes de vitesse étudiées.
L'ensemble de ces résultats montre que la première modalité pour augmenter sa vitesse de nage consiste à élever sa fréquence. Cette stratégie reste néanmoins une solution à court terme relevant d'un ajustement spontané chez le sujet. Parallèlement, l'augmentation de l'amplitude apparaît comme le reflet d'un changement de niveau de pratique. Cette deuxième modalité est une solution à plus long terme mais nécessite un apprentissage systématique. On peut considérer que la poursuite de l'objectif lié à la résolution des problèmes respiratoires, au travers de la réalisation d'une distance longue en crawl, semble opportune avec des sujets d'un faible niveau initial de pratique. Les corrélations significatives entre la vitesse, la fréquence et l'amplitude de nage autorisent les enseignants à évaluer les élèves sur une seule vitesse de nage dans un souci de gain de temps pour témoigner des progrès réalisés par le jeune durant le cycle d'enseignement (par exemple sur un 25 m à vitesse moyenne).

Résoudre les problèmes respiratoires pour être plus efficace
L'étude suivante semble le démontrer. 60 élèves de 4e ont été confrontés à deux épreuves de crawl : un 50 m chronométré (temps moyen : 51,4 sec.) et un 400 m sans limite de temps en essayant de parcourir la plus grande distance possible en crawl en continu, (distance movenne : 118 m). Deux groupes homogènes, classe-propulsion (Cprop) 31 élèves (n=31) et classe-respiration (Cresp) 29 élèves (n=29) ont été constitués afin qu'aucune différence significative ne soit notée entre les vitesses enregistrées au 50 m. les amplitudes calculées sur le 50 m et les distances parcourues en crawl en continu sur le 400 m. Les deux groupes ont vécu un cycle de 12 séances de durée identique, dans les mêmes conditions matérielles et animé par le même enseignant. Avec le groupe Cprop. l'enseignant a mis en place des situations d'apprentissage uniquement centrées sur des objectifs liés à la résolution de problèmes d'équilibre et d'efficacité propulsive en s'interdisant de formuler toute consigne ou conseil relatif à des problèmes respiratoires. Avec le groupe Cresp. les consignes ont été inversées (les problèmes de propulsion sont ignorés). A l'issue du cycle, les vitesses enregistrées au 50 m ont progressé significativement. mais sont restées identiques entre Cprop et Cresp. Par contre, les amplitudes calculées sur le 50 m ont progressé plus significativement pour le groupe Cresp que pour Cprop. contradictoirement aux objectifs annoncés. De plus, les distances parcourues sur le 400 m en crawl n'ont augmenté que pour Cresp.
Nous pouvons ainsi émettre l'hypothèse que dans le cadre scolaire et face à un souci de rendement pédagogique (contraintes horaires), l'amélioration de l'amplitude et donc du niveau de pratique pourrait passer d'abord par la résolution des problèmes respiratoires, une fois que l'équilibre horizontal est construit et que la tête est fixée dans l'axe du corps.

DÉMARCHE PÉDAGOGIQUE

Une situation mythique en natation erre sur le bord des bassins : « tu fais 25 mètres et tu comptes tes coups de bras : ensuite tu recommences et tu essaies d'en faire moins ! ». Cette tâche se complexifie plus encore lorsque qu'il est demandé de la réaliser dans un temps égal ou inférieur. On pourrait traduire ceci par « tu nages comme tu sais et ensuite tu nages mieux ». L'élève devient alors très réceptif à tout indice qui lui permet de trouver les solutions.
Quelles sont les solutions ?
En milieu scolaire, nager plus vite résulte principalement de la réduction des résistances à l'avancement et de l'amélioration de l'efficacité des actions propulsives (schéma 2).


L'analyse des comportements typiques des élèves montre qu'il faut considérer comme prioritaire chez les débutants l'acquisition d'attitudes et d'actions permettant de glisser (équilibre horizontal et alignement corporel selon l'axe du déplacement). La conservation et la stabilisation de cet équilibre horizontal lors de déplacements plus longs nécessiteront une respiration adaptée s'intégrant aux actions propulsives. L'amélioration de l'efficacité de la propulsion prend progressivement de l'importance dans les contenus au fur et à mesure de l'évolution du nageur. A tous les niveaux de pratique, les progrès de l'élève sur le plan de l'équilibre, de la respiration et de la propulsion, se traduiront par une augmentation de la distance par cycle. L'amplitude est un indicateur privilégié d'autant plus pertinent quand elle est mise en rapport avec la vitesse de nage.

SITUATIONS PÉDAGOGIQUES

Elles concernent le collège pour les niveaux débutants et débrouillés et le lycée pour les niveaux confirmés.
? NAGEURS DÉBUTANTS - 6e ET 5e
Objectifs
Construire un équilibre horizontal (posture de référence) et structurer dans l'espace les actions motrices des bras. Cette première structuration se réalisera en valorisant des actions motrices avec les bras tendus pour mobiliser et éduquer prioritairement l'articulation de l'épaule. En effet, son bon placement doit précéder le placement du bras, de l'avant-bras et de la main.
Situation de référence
Chronométrer 15 mètres en crawl (T). départ dans l'eau.
Évaluation
Le barème de points relatif à l'indice de nage (I) est égal à la vitesse (V) multipliée par l'amplitude (A). Cet indice représente un indicateur fiable de l'efficience de l'élève sur une telle épreuve car il prend en compte toutes les composantes de la situation : coulée et reprise de nage, qualité d'alignement durant le parcours et organisation des actions propulsives (battements et actions des bras) par rapport à l'axe du corps et du déplacement. Par exemple, un élève moyen réalise 10 actions de bras en 12 secondes soit Inage = 3,75. Ce résultat est assez élevé car près d'un tiers de la distance est réalisé dans la coulée de départ. Pour plus d'objectivité dans l'évaluation, cet indice peut être rapporté à la taille ou à l'envergure, soit I = (VxA)/T.
Situation 1
But

Aller le plus loin possible, sans faire de mouvements en étant propulsé par deux partenaires.
Organisation
Dans le petit bain de 0,80 m de profondeur, deux élèves de chaque côté du nageur le poussent avec une main placée sous la plante des pieds.
Critères de réussite
Aller plus loin que l'autre équipe ou franchir la plus grande distance ; se repérer aux planches posées sur le bord.
Situation 2
But
Rejoindre le bord avec seulement 6 actions de bras en crawl.
Organisation
Dans le petit bain, départ debout, face au mur à atteindre, (travail dans la largeur).
Consignes
Les actions de bras doivent être continues.
Critère de réussite
En cas de réussite, le départ suivant est reculé d'un repère (planches sur le bord).
Situation 3
But

Faire une coulée ventrale suivie de 6 actions de bras en crawl, en respectant les consignes.
Organisation
Faire deux à trois passages par consignes. Consignes
Nager bras complètement tendus, sous l'eau et au-dessus de l'eau. Faire 3 « coups » de bras poings fermés puis 3 mains ouvertes. Nager en faisant de grands mouvements lents. Nager en faisant des grands mouvements rapides.
Situation 4
But

Gagner la course.
Organisation
Dans un bassin de 25 m. départ face à face de chaque côté du bassin, un tapis de mousse est placé au centre du bassin. Faire une course du type début de période de water-polo : série de 2 fois 2 nageurs par ligne.
Critère de réussite
Toucher le tapis le premier.
? NAGEURS DÉBROUILLÉS - 4e ET 3e
Objectifs
Intégrer la respiration (stabilisation de l'équilibre horizontal). Allonger les trajets et rythmer les actions.
Situation de référence
Faire un 400 m crawl chronométré.
Evaluation
Elle se subdivise en performance et maîtrise de l'exécution. La performance se réfère à un barème qui est fonction du temps réalisé. Pour les filles ajouter 1 point à ce barème (tableau 1).


Pour la maîtrise de l'exécution, seules les longueurs (25 m) nagées entièrement en crawl rapportent des points. De plus leurs valeurs augmentent lorsqu'elles sont nagées consécutivement. Ainsi la première vaut 1 point, la deuxième vaut 2 points, la troisième 3 points et les suivantes 4 points. Lors d'un changement de nage ou d'un arrêt (virage avec plus de 2 inspirations), la longueur suivante en crawl vaut 1 point (tableau 2).

Situation 5
But
Faire 10 fois 25 m : 15 m crawl suivis de 10 m brasse ou dos.
Organisation
Le départ a lieu toutes les 1mn 30 sec, ce qui correspond à 1 mn de récupération environ.
Consignes
Compter les « coups » de bras pour placer l'inspiration et respecter le rythme imposé : inspirer tous les 4 « coups » pour les deux premiers 25 m, tous les 5 pour les troisième et quatrième, tous les 6 pour les cinquième et sixième, tous les 5 pour le septième, tous les 4 pour le huitième, tous les 3 pour le neuvième et tous les 2 pour le dixième. Expirer complètement et de façon continue. Inspirer sur un seul « coup » de bras, la tête se replace avant la fin du retour de bras.
Situation 6
But

Faire 6 fois 50 m : 37.50 m crawl (1 longueur et demie de bassin) suivis de brasse.

Organisation
Le départ a lieu toutes les 2 mn, ce qui correspond à 45 sec. de récupération.
Consignes
Suivre le rythme respiratoire imposé : (le principe est identique à la situation 5). ici tous les 3, 5, 5.4, 4, 3 en faisant des expirations aquatiques complètes. Regarder la ligne de fond à la perpendiculaire en nageant. Voir la ligne, ou le mur de côté, à la surface en inspirant, mais surtout pas le plafond ou le mur devant soi. Faire pivoter la tête en gardant la joue et l'oreille dans l'eau.
Situation 7
But

Faire 6 fois 50 m en crawl en respectant la consigne.
Organisation
Le départ a lieu toutes les 2 mn ce qui correspond à un peu moins de 1 mn de récupération.
Consignes
Nager avec un seul bras, l'autre bras reste tendu devant pour les deux premiers 25 m. A la fin du retour aérien, les deux pouces se touchent à l'entrée dans l'eau et la main est en contact avec la cuisse avant de sortir de l'eau. Changer de bras chaque 25 m. Respirer tous les deux « coups » de bras. Changer de bras toutes les 4 actions pour les troisième et quatrième 25 m. La main (le bras) glisse un instant à la surface paume vers le bas, s'enfonce doucement puis le mouvement vers l'arrière est progressivement accéléré. Nager en crawl (normal) en allongeant le bras en fin de retour et en accélérant l'action propulsive.
? NAGEURS CONFIRMÉS - CLASSES DE LYCÉE
Objectifs
Maîtriser les déséquilibres et gérer les poussées à partir « d'appuis solides ». Améliorer le trajet propulsif (orientation, forme, profondeur) et gérer son allure.
Situation de référence
Réaliser une prise de performance sur 100 m crawl (chronométrer).

Évaluation
La performance est donnée par un barème de points relatif au temps réalisé. La maîtrise de l'exécution se réfère à un barème relatif à nage rapporté à la taille. La méthode de mesure de l'amplitude, c'est-à-dire la distance nagée divisée par le nombre de cycles de bras, prend en compte la qualité des poussées solides (plongeon et virages). Ces phases non nagées représentent jusqu'à 20 % du parcours (plus de 20 m chez un nageur expert réalisant un 100 m en bassin de 25 m). Si l'amplitude moyenne présente un intérêt moindre chez l'expert, en revanche, elle constitue en milieu scolaire une approche intéressante de l'efficience globale de l'élève.
Situation 8
But

Gagner la course de 12.50 m. départ plongé du plot.
Organisation
Partir au signal, finir en brasse et revenir sur le bord.
Consignes
Chercher de la hauteur pour le plongeon de départ, ne pas faire de plat. Garder les bras et les jambes tendus, la tête en flexion après l'entrée dans l'eau. Varier la profondeur et la longueur de la coulée au cours de plusieurs essais.
Situation 9
But

Gagner la course de 20 m. un virage est inclus.
Organisation
Le départ a lieu dans l'eau à 10 m du mur, l'arrivée est. elle aussi, à 10 m du mur.
Consignes
Virer « à la main ». Celle qui touche le mur le repousse ensuite pour accélérer l'arrivée des pieds (bascule de profil) : l'autre bras déjà placé le long du corps doit rester tendu, le retour aérien du bras et l'alignement (bras-tête tronc) ont lieu avant la poussée.
Il faut remarquer qu'une pratique de plusieurs années en club est nécessaire pour qu'un virage culbute devienne plus efficace qu'un virage « à la main ». Néanmoins, la culbute peut être abordée en milieu scolaire avec une finalité culturelle, dans le cadre d'une connaissance de la natation sportive ou encore parce qu'elle pose un problème de coordination des actions et de repérage du corps dans l'espace.
Situation 10
But

Réaliser 2 séries de 6 fois 25 m en crawl (temps de chaque 25 m égal au temps visé au 100 m divisé par 4 moins 2 sec ;). La première série se nage avec 20 sec de récupération à chaque 25 m, la deuxième avec 10 sec. Entre les deux séries 10 mn sont réservées à une récupération dont 5 mn actives associées à un travail technique (encadré 2).
Organisation
Partir toutes les 5 ou 10 sec et tourner en épingle dans la ligne d'eau. Travailler en se repérant au chronomètre mural.
Consignes
Le départ se fait dans l'eau en valorisant une coulée longue supérieure à environ 5 m. Essayer de maintenir une respiration tous les 3 « coups », la tête fixe et un battement six temps.

2. Quelques repères techniques concernant le mouvement des bras en crawl

Le retour aérien doit s'effectuer rapidement et à la fin de celui-ci, le bras est pratiquement tendu et parallèle à l'axe du corps.
? Principal défaut à éviter : à la fin du retour le coude est fléchi et l'avant-bras et la main forment un angle avec l'axe du déplacement. De ce fait, lorsque le bras finit de se tendre sous l'eau, cela entraîne des résistances importantes. Le bras s'allonge vers l'avant, paume vers le bas, puis la main s'enfonce doucement en allant un peu vers l'extérieur avant la traction accélérée qui se réalise coude « haut » et légèrement fléchi (angle bras/avant-bras supérieur à 90 %). La main se tourne légèrement vers l'intérieur en revenant sous le corps sans toutefois dépasser l'axe, puis termine ensuite sa poussée jusqu'à la cuisse.
? Principaux défauts : coude trop fléchi (main près du corps) et en avance sur la main lors de la traction ; la main arrête son action avant d'être arrivée à la cuisse

CONCLUSION

L'apprentissage de la natation en milieu scolaire semble souvent construit à partir de deux grandes étapes : la maîtrise du milieu et la maîtrise des techniques de nages. Ainsi, la natation est abordée comme une adaptation à un milieu et développée ensuite comme une activité de production de formes. Considérer la natation sportive dans une logique de production de performances reste pourtant compatible avec les objectifs généraux de l'EPS et n'induit pas nécessairement une approche exclusivement technique. « Nager plus vite » n'est pas un objectif réducteur dans le cadre de la natation scolaire. Au contraire, le développement de cette compétence implique l'acquisition de savoirs diversifiés tels que : nager, se sauver, développer et gérer ses ressources.

Bibliographie

[1] Ministère de l'Éducation nationale de la Recherche et de la technologie. Direction des lycées et des collèges. Accompagnements des programmes de 6e 5e et 4e Livret 6. CNDP et Éd. Revue EP.S. 1997.
[2] Pelayo (P). Kherif (T). Sidney (M), Chollet (D). Tourny (C). « Stroking characteristics in free style and relationships with anthropometric characteristics ». Journal of applied biomechanics. 1996, 12, 197,206.
[3] Chollet (D), Pelayo (P). Delaplace (C), Tourny (C). Sidney (M). « Stroking characteristic variations in 100 mfree style in different skill level swimmers ». Perceptual and motor skills. 1997,85. 166. 177.
[4] Seyfried (D), Van Hoecke (J). « Validation et intérêts du test fréquence/vitesse pour l'évaluation et entraînement du nageur de haut niveau ». Résumé du congrès ACAPS. Caen. 1993.
[5] Pelayo (P). Wille (F). « Évolution du niveau de pratique en natation dans le second degré scolaire français ». Revue STAPS. 1994,33.69.78.

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