Imprimer Revue EP&S 1 n°69 - Septembre-Octobre 1994

1894-1994 Cent ans d'olympisme

Éduquer à l'olympisme
  • Nelson Paillou
  • Code : 80069-17

Historien, philosophe, écrivain, fervent helléniste, Pierre de Coubertin était un adepte convaincu du sport... Du sport élément de la culture au même titre que la musique, le chant, la danse, la peinture ou la sculpture. Pierre de Coubertin était aussi, et surtout, un éducateur persuadé des vertus du sport comme moyen, comme outil précieux pour éduquer la jeunesse. Ami de Jules Ferry et du Président Sadi Carnot, il contribua à l'introduction du sport à l'école et à la mise en place des premières associations sportives dans les établissements scolaires. S'il préconisa le rétablissement des Jeux de l'Antiquité en 1892, s'il mit en place les 1er Jeux des Temps Modernes à Olympie en 1896 (après avoir créé le C.I.O. en 1894) ce n'est pas uniquement pour promouvoir une grande manifestation sportive au service de l'Université et de la Paix (encore qu'il faille mesurer l'importance de ces deux objectifs) c'est aussi pour mettre en pratique une philosophie : l'Humanisme. Défendre l'homme, (au sens de l'espèce humaine bien sûr), en lui permettant de progresser, d'être plus performant, en le rendant apte, par son équilibre, sa vitalité à éviter voire à lutter contre toute forme de récupération (de nature politique ou économique par exemple...) c'est là que réside le véritable objectif que poursuivait Coubertin et le rôle qu'il assignait au Sport pour l'atteindre.

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Le XIIe Congrès Olympique (la plus large instance du C.I.O. qui rassemble tous les dix ans tous les Comités Nationaux Olympiques du monde, toutes les Fédérations Internationales, 800 journalistes...) a siégé à Paris au C.N.I.T. de La Défense du 26 août au 3 septembre 1994, pour définir les conditions de nature à permettre à un Sport Humaniste de survivre au 3e millénaire en dépit de toutes les perversions qui menacent son existence.

Que sais-tu de l'Olympisme ?

ILLUSTRATION : R. ROTH

Il faut être convaincu que, plus que jamais, c'est à l'École qu'il convient d'initier la Jeunesse à l'Olympisme, à ses Jeux et à sa Philosophie.

Pour compléter le rôle que joue la « Revue EPS » dans le domaine pédagogique, et je l'en félicite chaleureusement, je rêve que nos démarches auprès du Ministre de l'Éducation Nationale, et du Ministre de la Jeunesse et des Sports, aboutissent à la réalisation d'une malette « Ecolympique » (à l'image de celle créée pour les Jeux d'Albertville) avec ses nombreuses fiches techniques, ses photos, ses schémas, ses diapos, ses cassettes et autres documents permettant de mieux comprendre l'Olympisme.

Véritable « livre du maître » en matière de « Jeux Olympiques » et « d'Olympisme », elle doit constituer un outil pédagogique efficace au service de l'exaltant mais bien difficile métier de Maître d'École.

L'HÉRITAGE DES GRECS

Les jeux antiques

Parmi les jeux de l'Antiquité, les Jeux Olympiques étaient les plus célèbres. En 776 avant notre ère, un certain Koroebos gagne la course du stade (190 m environ), date mémorable qui marque le début de l'histoire des Jeux Olympiques. Avec des aléas, ces jeux durèrent jusqu'en 394 après notre ère.

Les Jeux étaient d'abord une manifestation religieuse, ils se déroulaient sur un territoire sacré. Ils jouèrent cependant un rôle politique considérable. Les Jeux réunissaient une foule de marchands, des architectes, des sculpteurs et étaient l'occasion pour les poètes et les historiens de faire connaître leurs œuvres. Les Jeux étaient le symbole d'une unité hellénique.

Les concurrents

Seuls les grecs de naissance pouvaient y participer. Les esclaves et ceux qui avaient subi une condamnation en étaient exclus. Cependant, sous l'occupation romaine, des « barbares » (étrangers) y participèrent.

Les concurrents devaient se préparer dans leur cité d'origine pendant dix mois et suivre un stage de trente jours dans le temple d'Elis (proche d'Olympie). Quelques jours seulement avant les Jeux étaient choisis les participants.

La trêve sacrée

Une trêve d'un mois permettait aux concurrents de se rendre des cités les plus éloignées au site d'Olympie (voyage en felouque, à pied).

Il s'agissait d'une trêve sacrée : la trêve olympique, guerres, luttes et combats devaient impérativement cesser. Toute violation entraînait l'exclusion ou une amende.

Les épreuves

La première épreuve créée fut la course de la longueur d'un stade (192,27 m), puis le double stade, etc.

Le pentathlon était considéré comme le concours le plus important des jeux car il mettait en valeur l'athlète le plus harmonieusement développé ; il comprenait le lancement du disque, du javelot ; le saut en longueur, la course et la lutte. Il y avait également des courses à l'hippodrome (quadrige). Le quadrige était conduit par un esclave, mais le vainqueur couronné, était le propriétaire des chevaux.

C'est ainsi que Néron fut champion olympique !

Les récompenses

Les vainqueurs recevaient une couronne d'olivier et une branche de laurier, et étaient pris en charge à vie par leur cité d'origine.

Il y eut de nombreux cas de tricheries, (achat d'adversaires). Les tricheurs étaient condamnés à une forte amende et à élever une statue expiatoire en honneur à Zeus. Ces statues étaient situées de part et d'autre de l'entrée du souterrain qui conduisait au stade.

L'olympiade

C'est la durée de quatre ans qui sépare les Jeux.

Ils avaient lieu pendant cinq jours entre la mi-août et la mi-septembre.

PIERRE DE COUBERTIN

La renaissance des Jeux

Avant le baron Pierre de Coubertin, il y eut de multiples tentatives de rétablissement des Jeux Olympiques. Il s'agissait de jeux nationaux à l'échelle d'une ville ou d'une province. Pierre de Coubertin eut le génie d'internationaliser les Jeux afin qu'ils entraînent les peuples à la pratique du sport qu'il considérait comme une école de socialisation et de formation du caractère de l'adolescent.

Le 23 juin 1894, à la Sorbonne, le Congrès International Athlétique de Paris adopta le principe de restauration des Jeux Olympiques.

Les Jeux Olympiques modernes

Organisés par le Comité International Olympique (C.I.O.) ils se sont tenus en 1896 à Athènes, puis à Paris en 1900 et depuis tous les quatre ans, sauf en 1916 et 1940.

Sommet des compétitions sportives internationales, les Jeux Olympiques réunissent des millions de concurrents représentant presque tous les pays, du monde, en tous cas, tous les continents.

Aux compétitions sportives sont associées des manifestations artistiques, musicales, littéraires, auxquelles tient beaucoup le C.I.O. à l'instigation de Pierre de Coubertin.

La devise

« Citius, Altius, Fortius » « Plus vite, plus haut, plus fort » telle est la devise imaginée par le père Didon, ami de Pierre de Coubertin pour symboliser les défis de l'excellence sportive.

Les médailles et diplômes

Les trois premiers reçoivent une médaille : médaille de vermeil pour le premier (argent couvert d'or), médaille d'argent pour le deuxième, médaille de bronze pour le troisième.

Les concurrents classés quatrième, cinquième, sixième, septième et huitième reçoivent un diplôme.

C'est le Comité d'Organisation des Jeux Olympiques qui fixe le symbole figurant sur la médaille avec l'accord du Comité International Olympique.

LES SYMBOLES DE L'OLYMPISME

La flamme olympique

Au temps des Grecs, la flamme olympique brûlait dans le temple d'Héra épouse de Zeus et déesse du foyer.

La flamme est apparue pour la première fois dans le stade olympique en 1928 aux jeux d'Amsterdam.

Mais c'est en 1936 que fut organisé un relais d'Olympie à Berlin sur une proposition de Carl Diem (nationaliste allemand qui servit l'hitlérisme sur le front de l'olympisme) pour transporter la flamme. Ainsi, le flambeau olympique allumé par un miroir au soleil d'Olympie est porté par des coureurs se relayant jusqu'à la ville olympique.

Au cours de la cérémonie d'ouverture, l'ultime coureur de ce gigantesque relais, se voit confier l'honneur d'allumer de sa torche la flamme olympique. Elle brûlera dans la vasque qui domine le stade pendant toute la durée des Jeux.

Les anneaux olympiques

Le drapeau olympique porte au centre cinq anneaux entrelacés symbolisant l'union des cinq continents et la rencontre des athlètes du monde entier.

LES JEUX OLYMPIQUES

Les Jeux d'hiver

En prélude aux Jeux de Paris de 1924 et pour la première fois s'est tenue « la Semaine des Sports d'Hiver de Chamonix » sous le patronage du C.I.O.

Les derniers jeux olympiques

Ils eurent lieu à Barcelone en Espagne.

Les XVIIes jeux olympiques d'hiver se sont déroulés à Lillehammer en 1994 en Norvège.

Les prochains Jeux Olympiques

En 1996, les États Unis accueilleront à Atlanta les Jeux d'Été.

En 1998, le Japon est retenu pour organiser à Nagano, les Jeux Olympiques d'Hiver.

Les disciplines sportives

Les sports pratiqués aux Jeux Olympiques sont déterminés par le Comité International Olympique.

* N.D.L.R. : Les Jeux de l'Avenir créés en 1984 par le CNOSF en liaison avec l'UNSS et se disputant tous les 2 ans (les 6° se dérouleront à Epinal en 1995) contribuent eux aussi à servir l'Olympisme.

CONGRÈS OLYMPIQUE DU CENTENAIRE DU CIO

L'auteur : Nelson Paillou

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